Médor

 

C'était un soir, après dîner.
J'étais allongé sur le tapis, je somnolais...

Je n'étais pas de très bon poil !

Raymond Devos

 

Souvent, je préférais m’assoir sur le tapis pour regarder la télévision. Le dos confortablement calé contre le coussin du canapé, les jambes étendues sous la table basse, avec quelquefois un solide whisky à portée de main. Quelquefois, plutôt souvent, c’était une petite faiblesse qui m’aidait à supporter les niaiseries lénifiantes que cependant j’engloutissais à longueur de soirées solitaires. Solitaires ? non, parce que mon Médor me tenait compagnie. On n’est pas seul, jamais, quand on a un chien, et surtout celui-là. Très intelligent, mon Médor. Et surtout ce soir-là : il était couché sur le canapé, pattes postérieures allongées –comme celles d’un lapin, lui disais-je toujours, et sa petite truffe noire et tiède posée tout près de mon cou. J’entendais sa calme respiration tout près de mon oreille et ceux parmi vous qui ont un chien savent combien est reposant ce rythme régulier, ce souffle doux et confiant, combien apaisante est cette présence animale qui nous ramène à quelque chose d’essentiel, de profond, à ce vieux pacte signé il y a si longtemps entre l’Homme et le Chien. Mieux encore, entre mon Caniche et moi. Je l’aimais, mon vieux Médor, après quatorze années passées ensemble.

 

Sur l’écran télé, comme d’habitude, pas grand’ chose. Pas de quoi nourrir l’intelligence d’un curieux, mais de quoi, certes, abrutir l’inquiétude d’un anxieux. Une série, si je me souviens bien, américaine, of course, les bandits, la Police, une ou deux bimbos, avec les justes proportions de Noirs, Latinos, Asiatiques et Irlandais, hommes, femmes… quotas obligent. Une excellente série. (La pire série américaine étant de toute façon meilleure que la meilleure européenne !)

 

J’attaquais mon troisième whisky en citant silencieusement ce cher Capitaine Haddock : « ah, je me sens déjà plus instruit », lorsqu’on me souffla : « on pourrait peut-être de temps en temps changer de chaine ? » Je connais par cœur le merveilleux sketch de Devos : « un chien qui parle ! Est-ce que j’aboie, moi ? », et, tout de go, répondis : « T’as raison, mon vieux Médor, je zappe illico ». M’emparant de l’accessoire, je gratifiai mon chien d’une bonne « gratte-gratte » entre les oreilles, et, le cœur rempli d’affection pour le quadrupède, me gratifiai moi-même d’un petit coup du breuvage doré.

 

Je zappai, donc, adressant une pensée débile et alcoolisée à Frank Zappa, mon musicien fétiche, me disant que je ferais mieux d’écouter un bon disque, ou de lire un bon livre, ou d’aller me coucher, ou… ou…mais l’écran-vampire me captive et je cède, comme toujours, à la facilité. Une chaine après l’autre (et Dieu sait si l’on en a une quantité, avec la boite wifi), j’égrenai le chapelet de la Nouvelle-Eglise-Sur-Ecran-Plat. Un présentateur fat, flanqué d’une blonde à gros seins –zap ! Un vieillard contant « son » mai 68 –zap ! Des Dauphins, des Requins, des Manchots, flanqués, eux, d’un présentateur écolo-bonne conscience –touche-pas à ma planète, pollueur ! Zap !

 

Et puis une chaine locale. Rigolo, je connais le type qui présente le reportage. On le croise souvent quand on sort faire pipi, Médor et moi. Il ballade un crétin de Berger allemand qui se ferait hacher vivant pour lui à la moindre alerte. Pas question de lui demander du feu, à ce type, trop dangereux (oui, je fume aussi) ! Alors, on se fait un signe, de part et d’autre de la chaussée, comme si on avait quelque chose en commun parce qu’on sort le chien. Mais lui, je sais qu’il n’ose pas pisser « avec » son chien ! Moi j’adore. « Pisser sous les étoiles » vantait Maître Puntila. La Nature, c’est ça ! Qu’il nous reste au moins ça.

 

Pour le coup, ça devient passionnant. Parce que ça parlait de nous. Oui, de nous, ici, de notre petite ville, et de l’inquiétude qui montait, disait l’homme au Berger allemand, parmi la population. Inquiet ? Tu es inquiet, toi, Médor ? Moi, non. De quoi s’agissait-il ? Ah oui, de la Centrale, évidemment.

 

J’avais été bien content de la trouver, cette Centrale. Peu fortuné (forme littéraire pour dire que je suis fauché), j’avais pu acheter notre bicoque une bouchée de pain à un jeune ménage déjà pourvu de deux rejetons à l’air libre et d’un troisième baignant dans le ventre de sa génitrice. Ils étaient, à mon grand bonheur, terrorisés par l’implantation de la Centrale à cinq cents mètres de chez eux, ils croyaient ferme en l’existence du Démon des Retombées ! Et depuis, je coulais des jours heureux avec Médor, dépensant avec lui ma petite retraite, fervent adepte du Dieu de l’Indifférence-aux-conneries-racontées-par-les-autres.

 

Alors quoi, qu’est-ce qui lui arrivait, à notre Centrale ? Je me concentrai sur le babil de la star locale. Il nous commentait, histoire de rassurer la population, avec le secret espoir de faire « péter » l’audimat, de fort édifiantes images de Tchernobyl, que l’on connait tous, vues et revues, mais qui nous attirent comme les mouches sont attirées par un étron. Le gros cylindre fumant, les pauvres gars quasiment en liquettes qui arrosent avec je ne sais quoi ce qu’on devine être une fournaise, un chaudron du Diable. Maladroites fourmis tentant de lutter contre le Jugement Dernier, Pygmées livrés à l’Armageddon, pauvres corps abandonnés à la mort lente et douloureuse.

 

D’autres images : des corps, toujours, car toujours c’est par les corps que s’exprime la souffrance. Rougis, comme ébouillantés. Noircis, comme torturés à la lampe à souder. Farcis de bubons infects. Tordus, comme par une main affreuse qui les aurait serrés, serrés… animaux, végétaux, tous logés à la terrible enseigne de l’irradiation atomique. Et puis, retour à « notre » Centrale, LA Centrale, comme on dit ici. Il y a plus d’un mois, semble-t-il, les instruments délicats du Centre de Surveillance s’étaient affolés, zone orange, ça chauffe, là-dedans ! Et pourquoi donc ne nous avait-on rien dit ? Scandale ! Radio-crochet dans la rue, vendredi matin, au Marché : « tous pourris, les politiques ! », « et les savants, hein ? s’ils ne sont pas complices, ceux-là, alors moi, je suis le Pape ! », « encore un coup des labos pharmaceutiques, ils veulent tester leurs molécules, on est des cobayes, voilà tout ! » Et chacun de se jeter corps et âme dans les bras de la bonne vieille théorie du complot. Personne pour parler, que sais-je, du prix de l’électricité, de la pollution des centrales à charbon, des vallées inondées par les barrages, des éoliennes si peu consensuelles. On consomme, on consomme, et on ne veut pas payer le prix. On laisse la télévision allumée jour et nuit, on a lave-machin et sèche-truc, micro-wave et moulinette… et un raton-laveur, un ! Penser que fournir tant d’énergie nécessaire à toutes ces merveilles puisse présenter des risques, alors-là, non, pas question. Je prends, mais je ne donne pas. Je mange du bœuf et j’oublie que les vaches qui pètent trouent la couche d’ozone. Je grille du cochon sur mon barbecue à gaz dernier cri acheté à crédit revolving et j’oublie que le lisier de ces braves animaux, enfermés à vie dans des cages de fer, est à l’origine d’une petite algue verte qui décime nos poissons bretons et nos huitres de Marennes. Sans parler des bagnoles, trop facile… Après moi, le déluge, ou plutôt, après mon confort, tout le reste !

 

Je sentais bien que je m’énervais, ayant enfourché un de mes nombreux destriers de combat, avec toujours le même adversaire, la connerie, ou du moins, ce que j’estimais tel. A nouveau, on me souffla : « putain, ça fait flipper ! » Je regardai Médor. Sa petite tête s’était dressée, ses yeux brillants étaient fixés sur l’écran. Préoccupé, à l’évidence, il avait saisi le sens des images, des paroles, et fait le lien, peut-être, avec la précarité de notre doux foyer. Saisi d’un tremblement, je vidai mon précieux whisky et me resservis une rasade de sauvetage.

 

Moi : Tu m’as parlé, Médor ?

Lui : Ben oui, qui veux-tu que ce soit ?

Moi : Ah.

 

Le sketch du Cher Grand Clown me revenait d’un coup ! Son chien, à lui, parlait-il ? Peut-être l’animal avait-il été l’inspirateur caché de l’Artiste ?

 

Moi : Médor ?

Lui : Ouais.

Moi : Tu parles ?

Lui : Il semble bien.

Moi : Mais tu n’articules pas.

Lui : Non, mon larynx n’est pas adapté.

Moi : Comment tu fais ?

Lui : Ch’ais pas.

 

Et, comme pour me rassurer, il aboya faiblement, un petit « wof » amical.

 

Lui : Ecoute, y’a pas de quoi t’inquiéter, tu as lu suffisamment de bouquins sur la communication animale, tu m’as suffisamment bassiné avec les Primates, avec Dominique Lestel, avec Koko, Washoe et toutes les stars de laboratoire, alors, si ça t’étonne tant que ça que je parle, je rends mon tablier !

Moi : Ok, ne te fâche pas !

Lui : J’ai dans l’idée que ça doit être de la télépathie.

Moi : Tu connais ça ?

Lui : Faudrait savoir, tu dis à tout le monde que je suis un chien intelligent, et quand je peux enfin le prouver vraiment, tu doutes de moi, crotte !

Moi : Tu as raison. Reprenons depuis le début…

Lui : Dans un petit moment, s’il te plaît, je voudrais regarder la fin de l’émission, d’ac ?

Moi : D’accord. Euh, tu veux boire quelque chose ?

Lui : Non, mais je grignoterais bien une petite douceur.

Moi : Bouge pas, j’y vais.

 

Je filai au frigo, serviable. Laissai de côté la boite malodorante de pâtée Chien-chien et tartinai sur de petits bouts de pain un reste de délicieuse terrine de lapin, mis les petits canapés sur une assiette et portai le tout à Médor.

 

Lui : Merci, c’est sympa.

Moi : Je t’en prie.

Lui : Tu veux que je descende du fauteuil ?

Moi : Non, non, tu as toujours été très propre, reste là, tu es bien.

 

Médor, grande classe, attrape délicatement un canapé et le mastique tranquillement.

 

Lui : C’est bon, ça, dis-donc, vieux !

Moi : Ils en sont où, de l’émission ?

Lui : Une fissure, il y aurait une fissure dans le truc de protection, et de la flotte contaminée se serait déversée au dehors, mais je n’ai pas bien compris dans quel coin exactement… regarde, un dessin…

 

Effectivement, le bavard commentait maintenant un plan de notre ville, indiquant les zones « à risque » où, peut-être, existait un danger de contamination radioactive.

 

Moi : C’est un plan de la ville.

Lui : Punaise, tu peux m’expliquer, le plan, là, je n’y pige rien !

Moi : C’est précisément notre quartier. Regarde, là, c’est notre avenue, notre maison est juste au coin. Là, c’est le terrain vague qui est derrière, et le gros point noir, c’est la Centrale.

Lui : Le terrain vague, là où il y a tous les buissons et les maisons cassées ?

Moi : Oui.

Lui : Hé, c’est MON terrain, ça !

Moi : Médor, je t’ai interdit d’y aller !

Lui : Ouais, bon, ben…

 

Je n’étais pas d’humeur à gronder Médor.

 

Moi : Un gratte-gratte ?

Lui : Je veux, oui !

 

Il termina ses canapés au lapin et je replongeai dans mon douze ans d’âge. L’émission se terminait et l’homme au Berger allemand, glorieux, salua ses téléspectateurs. Générique.

 

Lui : Il est con.

Moi : Le gars, là ?

Lui : Non, son clebs !

Moi : Tel maître, tel chien.

Lui : Là, tu te jettes des fleurs !

 

Nous partîmes d’un fou-rire. J’éteignis la télé, décidé à parler sérieusement avec mon chien.

 

Lui : Une seconde.

 

Il se leva, s’étira et descendit du canapé. Puis il prit l’assiette entre ses crocs, la transporta ainsi jusqu’à l’évier.

 

Lui : Je ne peux pas la mettre dedans, je suis trop petit.

Moi : De l’avantage d’être un Berger allemand ! Je rigole ! Merci pour le coup de main.

Lui : De gueule.

 

Il revint à côté de moi sur le canapé.

 

Lui : Toi, tu as envie de causer. Je t’écoute.

Moi : Tu y es allé souvent ?

Lui : Au terrain vague ? Presque tous les jours, mais pas longtemps, tu sais.

Moi : Y’a quoi, là-bas ?

Lui : Ah, dur de t’expliquer. Les odeurs, les bruits, les traces laissées par les petits animaux, c’est passionnant, tu sais. Il faudrait que tu viennes avec moi, un jour, je te montrerai.

Moi : Chouette, je te remercie.

Lui : Dis, ça fait quoi, les radiations ?

Moi : Je pense qu’à faible dose, ça n’a rien à voir avec Tchernobyl.

Lui : On est quand même tout près de la Centrale, nous deux. On est même les plus proches dans toute la ville, non ?

Moi : C’est vrai. Mais tu as entendu, c’est une toute petite fuite.

Lui : Mon terrain vague est encore plus près. Je suis même passé sous le grillage, une fois ou deux. Il y avait des lapins énormes, avec des yeux phosphorescents ! Un régal ! Arrête, je déconne ! Tu as marché, hein, tu as marché !

 

Il se tordait de rire, le Canis-canis !

 

Moi : Dis donc, le rire est le propre de l’Homme !

 

Lui :  Elémentaire, mon cher Bergson !

 

Moi : Sérieusement, Médor, je ne sais pas ce que ça peut nous faire. Ça peut produire peut-être une mutation…

Lui : Ben moi, je sais. La télépathie ! Comment crois-tu qu’on est devenus télépathes, tous les deux ? CQFD, mon pote.

 

L’hypothèse de Médor n’était peut-être pas la seule valable, mais elle me satisfaisait. Et puis, quelle importance si c’étaient les radiations qui avaient provoqué ce changement en nous. Je le pris dans mes bras. Ses sept kilos pesaient agréablement, il était tiède et doux. Il plaça son museau dans mon cou et nous nous calâmes confortablement dans le canapé. Silencieux, un moment…

 

Lui : Tu sais, vieux, on en a peut-être déjà pris un paquet, de radiations, tous les deux…

 

Moi : Attends, je le saurais, je le sentirais, quoi, je ne sais pas, enfin, je me sens en bonne santé.

 

Lui :  Le whisky y est sans doute pour quelque chose, ça a dû te protéger, mille sabords !

 

Moi : Sacré mitrailleur à bavette !

 

Lui :  Szut, moi Estonien.

 

Moi : Mais tu sens quelque chose de particulier, toi ? Tu finis par m’inquiéter.

 

Lui : Ecoute, tu n’es pas trop mal, toi, pour un Homme, c’est pour ça que je t’ai choisi. Laisse-moi parler. Mais tu ne sais rien, ou pas grand-chose. Vous, les Humains, vous avez tellement oublié. Nous, les animaux, avons conservé la mémoire de nos espèces, la mémoire du premier jusqu’au plus récent de nos ancêtres, écoute et peut-être arriveras-tu à ouvrir vraiment ton esprit, écoute…

 

Et Médor me parla. Il me raconta les forêts premières, la lutte entre les espèces vivantes, les transformations de la Terre, la sauvagerie irréductible de certains, l’accession à la pensée, à la conscience. Il me raconta les prémisses de notre si longue collaboration, l’Homme et le Chien s’apprivoisant mutuellement. Il me raconta le Pacte signé entre nous, assistance, confiance, respect. Il me raconta comment les Hommes, devenus arrogants, avaient, au fil des millénaires, bafoué le Pacte et comment les Chiens, eux, y étaient restés fidèles, malgré les souffrances et les blessures d’amour-propre que bien des Chiens subissaient. Il me raconta l’espoir indéfectible des Chiens dans le retour des Hommes à la raison fondatrice. Jusqu’à maintenant…

 

Lui :  Depuis pas mal d’années, nous, les animaux, on sait que votre monde est foutu. « Demain, les chiens », tu l’as lu pourtant ! Et tous tes livres de SF, ils ne t’ont donc pas préparé à ça ?

 

Moi : Enfin, à quoi, Médor ?

 

Lui :  A la fin, mon pote, à la fin ! La Centrale va péter, un pet de lapin, certes, mais ça n’est que la première de la série. Et puis pense à toutes les saloperies que vous bouffez, à l’air que vous respirez, à la banquise qui fond, pas la peine que je te fasse la liste, tu sais tout ça. A propos de lapin, au point où on en est, tu ferais mieux de me filer le reste du pâté.

 

J’obtempérai et allai au frigo lui chercher son en-cas. De mon côté, je liquidai ma bouteille.

 

Moi : Tu as raison, Médor, « s’il faut mourir, que ce soit d’une manière librement choisie ! »

 

Lui :  Bon prétexte, Sophiste !

 

Moi : Cynique !

 

Lui :  Waf-waf !

 

Nous fûmes interrompus par un grondement diffus, sourd, qui venait de l’extérieur, une sorte de pulsation, de vibration encore basse mais dont on sentait qu’elle ne demandait qu’à subjuguer tout l’espace, toute la vie.

 

Lui :  C’est commencé.

 

Moi : Merde !

 

Lui :  Le monde va retourner à la sauvagerie. Ça va être dur pour vous. Nous les Chiens, au niveau de l’Espèce, on s’en tirera. Les Chats aussi, c’est sûr. Et les Rats. Les Rats, ils s’en tirent toujours.

 

Moi : On va se dire adieu, mon vieux Médor. Toi, tu as ta chance. Il faut que tu files. Moi, je reste ici.

 

Lui :  Ho ho ho, le voilà qui me joue la grande scène de la fin ! Tu es dérangé ou quoi ? Tu m’imagines dans un monde avec ce gros con de Berger allemand ? Non, je reste avec toi. Je t’aime bien, on a passé toute ma vie ensemble et toi, tu es resté avec moi plus longtemps qu’avec n’importe quelle nana. Je t’aime tout court, la !

 

Il me serra dans ses pattes.

 

Lui :  N’aie pas peur.

 

Moi : Si ça explose, on va être vaporisés ensemble.

 

Lui :  Parfait. Tu as lu Theilhard de Chardin, pas vrai ?

 

 

 

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